SUR LES CHEMINS DE COMPOSTELLE ( 6 )
- Comme je vous le disais lors du premier article, j'ai débuté le chemin de St Jacques à LE PUY EN VELAY , le vendredi 12 mai 2006, 07h30.
Ce chemin suit pratiquement le GR65 .
LE CHEMIN - REFLEXIONS:
- La plus belle partie française est sans conteste LEPUY / CONQUES. La traversée de paysages sauvages et magnifiques remplis de couleurs, tels le violet avec ses collines et champs remplis de violettes, le blanc avec les narcisses, le jaune avec les jonquilles et les boutons d'or; la période, début mai, voit la nature sous ses plus beaux atours, un spectacle continuellement renouvelé sous des cieux favorables tout au long du parcours, engendre la communion avec celle-ci et développe la réflexion, elle permet de s'élever spirituellement - la bénédiction par l'évèque de LE PUY avant le départ, l'accueil par le curé de LASCABANE ( le Gardien du Chemin ) qui applique les préceptes de Saint Benoit ( tout pélerin qui frappe à ta porte, c'est, à travers lui, le Christ que tu accueilles ) et qui dans une totale humilité lave les pieds des pélerins avant de célébrer la messe . L'apothéose est atteinte à CONQUES, magnifique village médiéval restauré autour de la trés grande Abbatiale de Sainte Foy , totalement épurée, et dans laquelle des moines nous ont bénis avant de nous offrir un concert d'orgues puis de piano. L'accueil à l'abbaye, par les frères hospitaliers, est en tous points parfait.
- Cet esprit d'accueil simple où l'humilté l'emporte sur tout autre aspect, je ne l'ai trouvé que dans trés peu d'endroits. Je tiens à remercier tout particulièrement : Madame et Monsieur LUCIEN de SAINT- PRIVAT d'ALLIER, Madame et Monsieur REVERSAT Michel et Bernadette du gîte d'étape "Le Figuier" de LAUZERTE qui ont tout fait afin que je puisse passer une bonne nuit, alors que l'Office de Tourisme , qui n'avait pas enregistré ma réservation, m'avait tout simplement dit de " me débrouiller" et de voir s'il restait de la place à l'hôtel, ce dont l'hotesse de l'OT doutait.... A noter que Michel, venant me récupérer sur la place du village a transporté deux autres amis du Chemin jusqu'au Centre équestre situé à trois kilomètres; Monsieur le propriétaire du BAR DU COMMERCE qui, me voyant inquiet a mis à ma disposition sont téléphone: " usez en et abusez en , l'essentiel est que vous puissiez vous reposer dans de bonnes conditions" . Je souligne aussi l'excellent accueil qui m'a été réservé par les Hospitaliers du presbytère de LECTOURE, du Centre International d'accueil et de séjour " Le Carmel " de MOISSAC, de la permanence " accueil Pélerin dans la basilique d'AIRE SUR ADOUR, enfin de l'accueil Pélerin de SAINT JEAN PIED DE PORT - Un grand MERCI du fond du coeur -
- A contrario pour les autre gîtes d'étapes ( à l'exception de celui de LASCABANE ) l'aspect commercial est l'intérèt premier. Je décerne un carton rouge au système de gestion de GOLINHAC: alors que je n'avais plus un centime sur moi , ni de quoi manger , la petite épicerie de dépannage a refusé de me servir , précisant qu 'elle n'acceptait la carte bleue qu'à partir de 16,60€. Par contre le restaurant m'a nourri pour 11€ ... la gérante, à qui je faisais part de mon inquiétude pour bon nombre de Pélerins qui avaient un trés modeste budget pour aller jusqu'à COMPOSTELLE m'a tout simplement répondu: " Allons, sur le chemin il n'y a que des retraités et ils ont de l'argent ! !" ... SANS COMMENTAIRE. L'aspect mercantile l'emporte sur ce qui est à mes yeux le fondement du Chemin : " Le Pèlerinage ". Il faut aussi souligner le manque total d'implication de l'Eglise à travers " ses Dames Patronnesses" - Alors qu'un renouveau charismatique se fait sentir, l'absence de ces personnes sur le chemin que j'ai emprunté est inquiétante. Heureusement que certains Hospitaliers maintiennent la tradition, ...mais ils sont si peu ......( je compte bien en faire un de ces jours partie ) - A LAUZERTE je suis allé dans l'Eglise, espérant trouver un numéro de téléphone " au cas où vous ne trouveriez pas à vous loger ...." mais ....rien !!!
- A partir de MOISSAC, le Chemin n'est qu'une transition vers le Pays Basque . Son attrait ne se fait vraiment ressentir qu'à partir de la Stèle de GIBRALTAR ( hameau sur le Chemin) qui matérialise la rencontre de tous les chemins traversant la FRANCE. La traversée du Pays Basque montre une campagne riche. La ville de SAINT JEAN PIED DE PORT, avec ses fortifications, sa Citadelle et ses ruelles d'un autre temps, donne au marcheur qui vient d'effectuer un périple de 730 kilomètres, dans la solitude, sur des chemins souvent difficiles, une véritable sensation de bien-être ( une véritable oasis ); on s'imprègne du monde actif, et on espère que le gîte sera reposant ( c'est le cas du refuge municipal ). On profite de cette halte, avant la montée vers les cols (1430 m) menant à RONCEVAUX, pour faire un colis de tout le matériel qui n'a pas servi, afin d'alléger un peu le sac à dos .
- Pour résumer le parcours espagnol, d'abord " le Camino francese" jusqu'à PUENTE LA REINA, point de convergence de tous les Chemins d'Espagne, puis le Camino vers SANTIAGO, je dirais, par comparaison avec les Régions françaises , que j'ai traversé " le Pays Basque, puis le Bordelais ( le RIOJA est un vin excellent ), la Bausse et la Brie ( immense désert de blé, à travers un vallonnement dont la traversée durera tois jours - sous la canicule - ) , le Sud-Ouest irrigué, puis les Hautes Alpes, suivi, de l'autre côté des montagnes, d'un terroir trés particulier qui fournit un vin apprécié, Le BIERZO, et que je rapprocherais des Côtes du Rhône; ensuite les collines puis les montagnes à franchir m'ont fait penser aux Monts d'Arréts en Bretagne (il est vrai que nous pénétrons en GALICE) puis le Chemin traverse des forèts d'eucalystus jusqu'à la périphérie de SANTIAGO" . Arrivée à SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE le samedi 08 juillet 2006 - 12h30
Les villes et les villages ( jusqu'aux plus petits ) sont équipés de "jardins d'enfants,
de nombreux points d'eau potable et fontaines,
de cyber cafés ( jusque dans les " albergues " "refuge ou gîte de pélerins" les plus isolés ). La traversée des villes m'aura permis de constater la bonne harmonisation progressive des immeubles populaires vers ceux plus bourgeois des centres villes. Par contre l'architecture moderne manque d'harmonie, de caractère - beaucoup de briquettes rouges et de grandes fenêtres aluminium - En dehors des zônes de cultures ou de montagnes le Chemin est un véritable et immense chantier: on construit en même temps routes, immeubles, villes nouvelles pour riches vacanciers autour de magnifiques terrains de golf - ces chantiers rendent parfois le Chemin dangereux comme à la sortie de LEONE où, faute de fléchage, on s'engage sur un chemin qui longe l'autoroute et lorsque l'on s'en aperçoit il faut traverser l'autoroute en courant, avec sac à dos - un jeune canadien y aurait trouvé la mort -
A SUIVRE...
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